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Gabon : Avec le retour de la saison pluvieuse, les inondations dans les zones non urbanisées vont bon train
17 Décembre 2025

LIBREVILLE, 17 décembre (Infosplusgabon) - Avec le retour des grandes pluies au Gabon dont l'apogée sera atteinte en mars er avril, l'inquiétude sévit parmi les populations qui ont érigé leurs habitations dans des zones impropres à la construction qualifiées de non aedificandi.
Traditionnellement, Libreville et ses environs puis Port-Gentil, subissent les revers des fortes pluies avec de nombreuses inondation en zone urbaine où des éboulements ont parfois répertoriés.
Récemment, c'est dans le ville de Moanda (Sud-Est du pays) que des dégâts ont été constatés à la suite d'une importante pluie.
Selon des sources recoupées, la problématique des inondations au Gabon, bien que souvent médiatisée à travers les crises urbaines de Libreville ou Port-Gentil, revêt une dimension tout à fait particulière et critique dans les zones non urbanisées, telles que les milieux ruraux, les zones forestières et les régions lacustres. Dans ces espaces, l'inondation n'est pas seulement un aléa météorologique, mais un phénomène qui structure la vie sociale, économique et environnementale, souvent loin des infrastructures de secours centralisées.
Comprendre les inondations dans le "Gabon profond" nécessite d'analyser l'interaction entre une géographie physique dominée par l'eau et des changements environnementaux globaux qui perturbent des cycles autrefois prévisibles.
Dans le cas de l'Ogooué, des zones non urbanisées sont touchées et principalement celles situées dans le bassin de l'Ogooué.
Lambaréné et ses environs disposent de zones périphériques non urbanisées et les villages lacustres subissent de plein fouet la montée des eaux du fleuve. Ces inondations, qualifiées de "naturelles" mais de plus en plus fréquentes, sont dues à la saturation du bassin versant après des pluies prolongées.
Quant aux populations rurales, elle vivent historiquement au rythme des crues. Cependant, des épisodes majeurs enregistrés en 2019, 2020 et plus récemment en 2024 et 2025 montrent une intensité accrue qui dépasse les capacités d'adaptation traditionnelles.
Quelles sont les causes spécifiques des inondations ans les zones non urbanisées ?
Contrairement aux zones urbaines où l'imperméabilisation des sols est le principal coupable, les zones rurales font face à des facteurs distincts :
Le Changement Climatique : La hausse des températures mondiales entraîne une augmentation des précipitations extrêmes au Gabon. En milieu rural, cela se traduit par des crues de plaine brutales où le sol, bien que naturel, ne parvient plus à absorber des volumes d'eau records.
La Dégradation des Écosystèmes : L'expansion de l'agriculture itinérante, l'exploitation forestière et la destruction des mangroves côtières affaiblissent les barrières naturelles. Les mangroves, en particulier, servent de zones tampons essentielles contre les remontées d'eau marines et les crues fluviales ; leur recul augmente la vulnérabilité des terres intérieures.
Hydrographie dense : Le réseau hydrographique très étendu du Gabon facilite la propagation rapide des eaux de pluie des plateaux vers les plaines basses, inondant les zones de culture et les campements isolés.
L'impact des inondations dans ces zones est souvent plus dévastateur sur le long terme que dans les villes, car il touche directement les moyens de subsistance à savoir le secteur Agricole où les inondations détruisent les plantations de subsistance, provoquant des pertes de récoltes massives et menaçant la sécurité alimentaire locale.
Un autre facteur et non des moindres est l'isolement et le manque de transports. En zone non urbanisée, la montée des eaux coupe les pistes rurales et les ponts de fortune, isolant des villages entiers des centres de santé et des marchés.
Un problème de santé Publique
La stagnation des eaux favorise la prolifération de vecteurs de maladies et la contamination des sources d'eau potable, souvent déjà précaires dans ces régions.
La gestion des inondations dans les zones reculées du Gabon reste un défi logistique majeur pour l'État. Il faille, notamment, initier des recensements de sinistrés et distribuer des aides d'urgence (vivres, moustiquaires, aide financière), tout en promettant des relogements dans des zones plus hautes.
En matière de prévention, le Gabon s'efforce d'intégrer la gestion des risques climatiques dans sa vision à long terme, en mettant l'accent sur la conservation des forêts et des mangroves comme infrastructures naturelles de protection. Mais beaucoup d'effort reste à faire.
En résumé, si les inondations urbaines sont un problème d'aménagement, les inondations en zone non urbanisée au Gabon sont un défi de résilience climatique et de protection des écosystèmes. La survie des communautés rurales dépend désormais de leur capacité à s'adapter à des cycles hydrologiques rendus imprévisibles par le dérèglement climatique et la pression sur les ressources naturelles (Avec diverses sources).
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