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10 Juillet 2025
LIBREVILLE, 10 juillet (Infosplusgabon) - Après avoir mis aux oubliettes l'Afrique lors de son premier mandat, le président américain Donald Trump a reçu mercredi à la Maison Blanche cinq chefs d’Etat africains venant du Sénégal, Mauritanie, Gabon, Guinée-Bissau et du Libéria à l'occasion d'un mini-sommet principalement centré sur les aspects économiques.
Moins d’aide publique, plus de deals commerciaux et de sécurité entre les Etats-Unis et l'Afrique dans un contexte de compétition géopolitique face à la Chine, la Russie ou la Turquie.
Cette rencontre a été l'occasion de redefinir les relations avec des pays cotiers après qu'il eut annoncé, il y a quelques mois, une serie de hausses tarifaires suivies de restrictions migratoires envers l’Afrique. Une nouvelle ligne politique semble se dessiner à travers une coopération renforcée.
Les autorités gabonaises ont annoncé que dès 2027 seront transformées au Gabon les ressources minérales avant leur exportation afin de pourvoir des emplois et de valoriser ses matières premières. C'est le but affiché par Libreville pour asseoir sa souveraineté économique mais également comme l'a souligné Oligui Nguema à la maison blanche, de renforcer la coopération sécuritaire avec les Etats-Unis, notamment dans le Golfe de Guinée.
Mais cette visite de 5 présidents africains met surtout en évidence l'initiative de l’administration Trump "de réorienter ses relations avec une partie ciblée du continent, sur fond de rivalités internationales et de reconfiguration diplomatique".
Outre le Gabon qui souhaiterait mettre en valeur quelques matières premières, à savoir le manganèse, le fer de Belinga et de Baniaka, puis la potasse, notamment, il a été question pour le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema de mettre sur la table la réalisation de grands projets comme la construction d'un port en eaux profondes, de centrales électriques, la réalisation d'une ligne de chemin de fer entre Belinga et Mayumba, non sans oublier la construction d'un nouvel aéroport international à Andem, non loin de Libreville. Un projet évoqué depuis plusieurs années, sans suite.
Le 8 juillet, le président Oligui Nguema avait présidé à la Chambre de Commerce de Washington, la signature d'un accord entre l'Etat gabonais et la société américaine Millenial Potash pour une valeur de 500 millions de USD destinées à exploiter un gisement de potasse.
Pour sa part, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a profité de cette rencontre pour positionner son pays comme un acteur important des réformes institutionnelles en Afrique de l’Ouest. Le Sénégal possède dans son sous-sol du gaz offshore, du zircon, de l’or et du phosphate. Ces ressources pourraient intéresser les Etats-Unis qui envisage de diversifier ses approvisionnements en minéraux.
L'intérêt pour les matières premières, en général, s'explique par leur rôle essentiel dans l'économie mondiale et leur potentiel de diversification et de rentabilité pour les investisseurs. Les matières premières, qu'il s'agisse de produits agricoles, de minerais ou d'énergie, sont des intrants fondamentaux pour la production de biens et de services. Investir dans les matières premières peut donc être une stratégie intéressante, mais il est important de comprendre les risques liés à leur volatilité, rapporte-t-on.
Joseph Boakai, le président du Liberia, a pour sa part rencontré le conseiller Afrique du président Trump, Massad Boulous, et des acteurs du secteur privé.
Parallèlement, la Guinée-Bissau, représentée par Umaro Sissoco Embaló, a participé à une table ronde à la Chambre de commerce des USA, et a présenté son pays comme stable et présentant un code d’investissement attractif.
La Mauritanie présidée par Mohamed Ould Ghazouani, fait l’objet d’une attention américaine croissante, notamment en raison de l’essor migratoire. Des milliers de jeunes Mauritaniens ont tenté ces deux dernières années de rejoindre clandestinement les USA via l’Amérique centrale. Washington, qui envisage de durcir sa politique de visas, attend des engagements sur la régulation des flux migratoires. (Avec les notes de l'Agence Ecofin).
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