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Les pourparlers libyens de Tunis vont-ils sortir la Libye de la crise ?

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Tripoli, Libye, 15 octobre (Infosplusgabon)  -  Le deuxième round des négociations entre les deux comités de dialogue issus de la Chambre des représentants du peuple libyen (Parlement), installée à l'Est de la Libye et le Conseil ďEtat dont le siège se trouve à l'Ouest du pays pour amender l'Accord politique libyen signé en décembre 2015 à Skhirat, au Maroc, démarre ce samedi après-midi à Tunis.

 

Ces pourparlers nourrissent beaucoup d'espoirs pour le peuple libyen, actuellement exténué par la lutte pour le pouvoir, l'argent et l'influence entre les différentes parties libyennes.

 

Les participants à la rencontre parrainée par l'Envoyé spécial de l'ONU en Libye, Ghassan Salamè, vont se pencher sur l'amendement de l'article 8, très controversé, relatif aux fonctions militaires et sécuritaires et qui est à l'origine de la division politique que vit la Libye.

 

L'Envoyé de l'ONU en Libye avait annoncé à l'issue du premier round des négociations, un consensus entre les deux comités sur la reconstitution de la structure du pouvoir exécutif, de telle sorte que le Conseil présidentiel sera composé d'un président et de deux vice-présidents et un Premier ministre indépendant, sans cependant évoquer l'article 8 controversé.

 

Le maréchal Khalifa Hafter qui contrôle la plus grande partie de la région Est du pays et de larges parties du Centre et du Sud où sont localisés les plus importants champs pétroliféres de la Libye, a insisté sur la suppression de l'article 8, indiquent des fuites survenues à l'issue de sa rencontre avec Ghassan Salamè au siège de l'état-major de l'armée libyenne près de Benghazi (Nord-Est de la Libye), le 5 octobre dernier.

 

Les deux hommes avaient discuté, lors de cette rencontre, des prochaines étapes du processus politique et des résultats des réunions des négociateurs libyens à Tunis.

 

Le Parlement libyen qui soutient le maréchal Khalifa Hafter a voté, la semaine dernière, l'amendement de l'article 8 de manière à accorder des pouvoirs militaires au Conseil présidentiel, mais a conditionné la publication des décisions relatives au commandement de l'armée par l'obtention de l'accord unanime des membres du Conseil présidentiel et l'approbation du Parlement.

 

Cette démarche, selon les observateurs, garantit au maréchal Khalifa Hafter de rester à la tête des forces armées sans partage.

 

Le Secrétaire général du Front populaire libyen, Abdallah Al-Rafadi, estime que le maréchal Khalifa Hafter ''va saisir cette décision du Parlement pour gagner du temps, sans que la décision puisse influencer sa position, ses plans et ses aspirations pour contrôler le pouvoir dans le pays".

 

Les différends sur l'article 8 et le rôle du commandant de l'armée libyenne par le maréchal Khalifa Hafter ont été les principales causes qui ont empêché le gouvernement d'entente nationale libyen d'obtenir la confiance du Parlement, entraînant le pays dans un tunnel fermé et exténuant les Libyens qui font face à la hausse de 450% des prix des produits de première nécessité après la chute de la valeur de la monnaie locale, le manque de liquidités dans les banques, sans compter la multiplication des hold-up, des enlèvements, des assassinats et des troubles sociaux.

 

Plusieurs observateurs estiment que le sort de la feuille de route proposée par l'Envoyé spécial de l'ONU en Libye pour surmonter le blocage actuel et pour réaliser un consensus sur l'article 8, marqué par un grand débat politico-juridique sur sa suppression ou son amendement, dépend du bon vouloir des partisans du maréchal Khalifa Hafter, à l'Est de la Libye.

 

Le journaliste libyen, Abdsalam Al-Maghrebi, estime que la Libye a aujourd'hui besoin d'une forte personnalité capable d'éradiquer l'extrémisme très répandu dans le pays et de mettre fin à l'insécurité qui sévit en Libye depuis la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi en 2011.

 

Selon lui, le maréchal Khalifa Hafter qui a pu colmater l'armée libyenne éclatée par les bombardements menés par la France, la Grande Bretagne et les États-Unis soutenus par l'OTAN pendant huit mois, est capable de restaurer la stabilité et la sécurité tout en mettant fin à l'anarchie provoquée par les milices et les groupes armés éparpillés dans le pays.

 

Mais, le Pr d'université, Ali Nassef, a affirmé  samedi, son refus absolu face à ce qu'il a appelé le retour de la dictature militaire en Libye.

 

Il a ajouté que les Libyens ont vécu pendant 40 ans sous le pouvoir militaire dirigé par le colonel Mouammar Kadhafi qui, selon lui, a refusé l'alternance pacifique du pouvoir et interdit la création de partis politiques, dont la Constitution était, à ses yeux, une grande trahison et un crime dont l'auteur doit être condamné à mort par la loi.

 

En plus de la lutte pour le pouvoir et l'argent, la Libye dispose des plus importantes réserves de pétrole et d gaz en Afrique, ainsi que de grandes quantités d'eau potable dans son sous sol, dans le Sahara.

 

Elle dispose également d'une ouverture sur la Méditerranée longue de 2.000 km, à la circulation de plus de 20.000 armes entre les mains des citoyens, des tribus, des milices et des groupes armés extrémistes, ainsi que des bandes de trafiquants d'êtres humains ; cette situation entraîne des affrontements tribaux et régionaux aussi dangereux que la lutte politique pour le pouvoir.

 

Ces affrontements qui concernent les tribus Amazighs (Ouest), Toubou (Sud) et les indépendantistes de la Cyrénaïque (Est) relevaient du tabou à l'époque du régime du colonel Mouammar Kadhafi.

 

C'est dans ce cadre que Ghassan Salamè a rencontré les représentants des composantes Toubou, Touareg, Amazighs libyens au siège de la Mission onusienne à Tunis vendredi.

 

Selon le bureau d'informations de la Mission, M. Salamè a promis le soutien de l'ONU aux composantes afin de les faire participer au processus politique et pour la reconnaissance de leurs droits par la Constitution en gestation.

 

Le nouveau plan de travail proposé par l'ONU se compose de trois axes. Il s'agit des pourparlers en cours à Tunis sur l'amendement de l'Accord politique libyen signé en décembre 2015, de la tenue d'une conférence nationale sous l'égide des Nations Unies à laquelle participeront tous les partenaires libyens, y compris ceux qui ont été écartés et marginalisés et de l'organisation d'un référendum sur la Constitution dans un an pour enfin tenir des élections présidentielle et législatives.

 

De nombreux Libyens interrogés sur les pourparlers de Tunis ont émis des avis optimistes assortis d'une grande prudence, surtout si l'on prend en compte les interventions étrangères à des fins personnelles au détriment de celles des Libyens.

 

 

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