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La Tunisie touchée par le fléau des médicaments contrefaits, malgré un contrôle gouvernemental du secteur pharmaceutique

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Tunis, Tunisie, 21 septembre (Infosplusgabon) - Le secteur des médicaments en Tunisie est stratégique et constitue un pilier central du système sanitaire dans le pays.

 

 

La Tunisie a entamé, dans les années 1980, la mise en place d'une industrie des médicaments qui est passée de trois unités de production en 1990 à 42 actuellement.

 

Une unité de fabrication est détenue par l'État, plusieurs autres par le secteur privé et d'autres encore qui relèvent des multinationales, ce qui a permis à la Tunisie de couvrir ses besoins à 78 pc en 2018 par la production locale.

 

L'industrie des médicaments en Tunisie est soumise à un système de contrôle auquel participent quatre administrations qui se chargent de contrôler la production et la distribution.

 

Cette dernière est assurée par la Pharmacie centrale, qui traite directement avec les sociétés productrices ou leurs représentants, aussi bien en Tunisie qu'à l'étranger, afin d'éviter la commercialisation des médicaments imités ou contrefaits.

 

La Pharmacie centrale s'occupe aussi du ravitaillement des hôpitaux, alors que des privés sont chargés de doter les pharmacies.

 

La Tunisie produit deux sortes de médicaments. Le premier médicament est original, fabriqué localement sur la base d'une autorisation de la société mère avec les mêmes spécificités et qualités du médicament produit dans le pays d'origine.

 

Le deuxième type de médicament est l'équivalent du médicament original. Un troisième est actuellement en gestation et concerne des médicaments renouvelables fabriqués grâce à la biotechnologie.

 

Les Tunisiens consomment annuellement en médicaments importés ou fabriqués localement l'équivalent de 2,500 milliards de dinars tunisiens.

 

Après l'indépendance de la Tunisie, en 1956, le contrôle des médicaments était du ressort de l'Institut national tunisien pour l'alimentation, avant la création du Laboratoire national en 1990, qui se charge, depuis lors, du contrôle de la qualité et des équipements médicaux, mais aussi de la conformité des matières utilisées avec les critères internationaux en la matière.

 

Le Laboratoire national contrôle aussi les vaccins et les médicaments biologiques.

 

La loi en Tunisie sanctionne financièrement et par emprisonnement les importateurs de médicaments qui ne respectent pas les critères requis et précis après analyse.

 

La Tunisie a même créé un Centre de veille sur les médicaments en 1992. Il a été inspecté comme premier centre en Afrique qui observe toutes les nécessités exigées dans la fabrication des médicaments par l'Organisation mondiale de la Santé.

 

Cette image reluisante sur la fabrication et la distribution des médicaments en Tunisie cache une réalité sur la corruption répandue dans les structures de l'Etat, dont le secteur de la santé, où des cas controversés ont été révélés par les médias audiovisuels.

 

Malgré la surveillance de l'État, des réseaux composés de médecins, de pharmaciens et de commerçants s'activent dans le trafic des médicaments, pire des médicaments parallèles ou périmés sont commercialisés dans le marché tunisien.

 

On entend par médicaments parallèles ceux dont la fabrication et l'origine ont été volontairement ou par erreur sabotées.

 

Quant aux médicaments périmés, ce sont ceux dont la fabrication ne respecte pas la qualité et les critères édictés par les normes. Ils peuvent être considérés comme impropres à la consommation pour plusieurs raisons, dont la mauvaise fabrication, le mauvais stockage ou la date de consommation périmée.

 

La Tunisie fait partie des pays les moins touchés par la commercialisation des médicaments périmés, selon plusieurs rapports faits au plan international, mais les cas révélés ces dernières années prouvent la dangerosité de la situation dans un pays où des barons en corruption et en commerce parallèle mènent d'intenses activités pour des gains matériels.

 

Les statistiques, à cet égard, estiment à 52 pc la part de ce fléau dans les échanges commerciaux du pays. Des informations sur la commercialisation des médicaments trafiqués ou périmés se sont succédé ces dernières années à travers les médias qui ont annoncé, en mars 2019, le décès d'une fille, qui a consommé un médicament connu sous le nom "l'étoile filante", dont l'achat est souvent effectué par Internet.

 

Ce type d'achat concerne aussi plusieurs autres médicaments et des seringues dont les promoteurs affirment qu'ils règlent plusieurs problèmes liés à l'amaigrissement, à la puissance sexuelle chez les hommes et les femmes et d'autres maladies comme le diabète et les douleurs dorsales.

 

Des dizaines de publicités font la promotion des médicaments interdits de vente dans les pharmacies pourtant achetées par des Tunisiens loin du contrôle médical.

 

Le Secrétaire général de l'Organisation des pharmacies tunisiens, a affirmé que les médicaments trafiqués ne représentent aujourd'hui aucun danger, dans la mesure où leur commercialisation est quasi-inexistante dans le secteur, mettant en garde, toutefois, contre les tentatives de trafic au niveau des frontières, dont les auteurs cherchent à inonder le marché tunisien de médicaments contrefaits et dont l'origine est inconnue.

 

Plusieurs pharmaciens ont révélé l'existence d'un commerce parallèle pour les médicaments et le lait des nourrissons.

 

Selon le pharmacien Nadhem Cahkiri, "il existe des violations graves et un dysfonctionnement dans la distribution de certains médicaments dont la vente ne devrait pas être faite qu'en Tunisie".

 

Plusieurs sources ont indiqué que les médicaments les plus exposés à la contrefaçon sont les antibiotiques, avec un taux estimé à 38 pc, et l'insuline pour le diabète dont le taux n'a pas été précisé.

 

Selon plusieurs rapports nationaux et internationaux, les pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord produisent 7 pc des médicaments contrefaits dans le monde.

 

De nombreux pays arabes, notamment les plus pauvres, font face à la prolifération des médicaments contrefaits à cause de leurs prix moins chers comparés aux médicaments originaux.

 

L'OMS a estimé à 200 milliards de dollars le poids du marché des médicaments contrefaits dans le monde, affirmant que la moitié des médicaments contrefaits ou de mauvaise qualité signalés à l'OMS entre 2013 et 2017 l'ont été en Afrique, provoquant la mort d'entre 54.000 et 158.000 personnes chaque année dans le continent.

 

La Tunisie ne fait pas exception de ce fléau, même si la directrice de la pharmacie et des médicaments au ministère de la Santé, Elias Fouradi, note "des échanges limités " en médicaments contrefaits en Tunisie, alors que l'ancien ministre de la Santé, Emmad Hammami, affirmait, en juillet 2018, l'existence d'une collaboration entre les ministères de la Santé, de l'Intérieur et de la Défense pour faire face aux trafiquants et les promoteurs des médicaments contrefaits.

 

Plusieurs scandales ont été révélés dans le pays touchant, notamment, les médicaments anesthésiques qui tuent, ont indiqué des sources informées, précisant qu'un laboratoire, dont les responsables sont proches d'un parti politique, avait ravitaillé des hôpitaux de médicaments anesthésiques contrefaits qui se sont révélés dangereux pour les malades.

 

Pendant la gouvernance de la Troïka, dirigée par le mouvement Ennahda, le directeur du service des médicaments avait dénoncé un contrat qui le liait avec des fabricants européens pour se tourner vers le Brésil, connu pour la mauvaise qualité des médicaments qui y sont fabriqués.

 

Un autre scandale a été révélé et concerne la découverte, en avril 2019, par l'administration de la lutte contre le crime la commercialisation d'un médicament fabriqué dans un pays arabe contenant des produits toxiques qui présentent une menace directe pour la santé des citoyens.

 

La Tunisie a été choquée par la mort de 14 nourrissons en mars 2019 dans des conditions ahurissantes dans une pédiatrie de l'hôpital Rabita à Tunis, après leur vaccination avec un ''mauvais sérum" qui était préparé pour nourrir les bébés, rappelle-t-on.

 

Le ministre de la Santé de l'époque avait été contraint de démissionner suite aux accusations faites par le Conseil des ministres contre des cadres du ministère de la Santé et le ministre en personne d'avoir introduit de médicaments contrefaits en Tunisie.

 

Malgré le choc provoqué par cette affaire et la promesse du gouvernement de sanctionner les responsables, les enquêtes menées n'ont rien donné.

 

Par ailleurs, le Secrétaire général de l'Union populaire nationale, Lotfi Mraihi, avait révélé, au cours d'une conférence de presse, le 8 avril dernier, l'existence d'un laboratoire virtuel dénommé "Taha Farma", qui ne respecte pas les critères édictés sur la fabrication des médicaments.

 

Il avait précisé que l'ancien ministre de la Santé, Emad Hammami, avait créé une commission pour surveiller le travail du laboratoire. La commission avait révélé dans son rapport, fait le 23 mars 2018, l'existence de 31 produits qui entrent dans la fabrication des médicaments dont 5 seulement ont fait l'objet de contrôle avant leur introduction dans le pays, les autres produits sont entrés en Tunisie sans qu'on sache dans quelles conditions et sans autorisation douanière.

 

En février 2018, le Dr. Maaz Sdiri avait révélé le plus grand acte de corruption enregistré dans le pays, lorsque le ministère de la Santé avait retiré un médicament pour le traitement du cœur des pharmacies, à cause de la menace qu'il faisait courir à des millions de Tunisiens, rappelle-t-on.

 

La plupart des pharmaciens et médecins sollicités ont décliné la demande d'entretien du journaliste en arguant ne pas disposer d'informations détaillées sur la question, alors que d'autres ont préféré observer une réserve par rapport à ce qu'ils ont appelé "des exagérations sur la prolifération des médicaments contrefaits" en Tunisie, mettant l'accent sur l'existence de mesures fermes prises pour lutter contre le fléau, même s'ils ont reconnu la présence dans le pays de réseaux sur le trafic et la commercialisation des médicaments contrefaits, notamment dans la capitale et dans les grandes villes.

 

Selon le pharmacien Fathi Abdelatif, qui gère une pharmacie depuis 30 ans, plusieurs cas sur la communication de médicaments contrefaits ont été notés dans le pays.

 

Il a également déploré des cas qui ont fait des victimes parmi les malades, soulignant le flou qui entoure l'activité des personnes qui font la promotion des médicaments.

 

De son côté le médecin, M. Jundi, a mis en garde contre la léthargie dans la lutte contre les promoteurs des médicaments contrefaits, appelant les autorités à être fermes dans tout ce qui touche la santé des personnes.

 

Il a toutefois affirmé que les médicaments contrefaits ne sont pas nombreux en Tunisie, soulignant leur prolifération "inquiétante" dans les pays subsahariens.

 

Il a appelé les responsables africains et l'Union africaine à organiser des réunions au plus haut niveau pour mettre fin à la menace qui pèse sur la santé des Africains.

 

 

 

FIN/INFOSPLUSGABON/NLK/GABON2019

 

 

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