Le vendredi 5 janvier, 100 300 des 320 000 adhérents de l’UMP avaient déjà voté pour désigner le candidat qui sera soutenu, le 14 janvier, par le parti. Pour Nicolas Sarkozy, une seule explication à cette participation à un vote sans enjeu : "Ce que la presse appelle des attaques contre moi a mobilisé les militants. Ils sont hystériques."
Dans l’avion qui l’emmenait avec sa délégation, vendredi, en Corse, pour ce qui sera peut-être son dernier voyage de ministre de l’Intérieur sur l’île, le président de l’UMP ne peut s’empêcher de jeter un regard rétrospectif sur son parcours et conclure tranquillement : "Désormais, je suis sans concurrent dans ma famille.
Ce n’était pas écrit." Il précise : "En 2002, tous avaient leurs chances, les Borloo, les Raffarin, les Juppé, les Fillon, les Alliot-Marie. Mais ils pensaient que pour parvenir à leurs fins, il fallait flatter Chirac, moi j’ai pris le risque de lui déplaire."
Pour le futur candidat, les rappels à l’ordre du chef de l’Etat (contre le "tout libéral", la tentation de "la table rase" ou encore la défense des institutions) qui ont rythmé la séquence des voeux présidentiels ont suscité un nouveau réflexe d’adhésion à sa personne.
Devenu candidat unique de l’UMP, estimant avoir triomphé de toutes les embûches qui lui ont été tendues, il règle ses comptes, sans haine, mais avec le sentiment d’avoir dominé tous ses rivaux.
Désormais, seul l’intéresse son duel avec la candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal : "Les Français veulent le match", explique-t-il une fois de plus. Persuadé qu’il sera un meilleur rassembleur de son camp qu’elle du sien, il souhaite mettre à profit les "silences" de son adversaire pour expliquer comment ses idées "peuvent s’appliquer".
Il commencera cette pédagogie dès le 12 janvier, au lendemain de la clôture de la séquence des voeux chiraquiens, lors d’une conférence de presse, Place Beauvau. Il la poursuivra le 14, pour le congrès de l’UMP au Parc des expositions de la porte de Versailles, devant 50 000 militants, avec l’objectif de parvenir à une synthèse de tous ses grands discours prononcés depuis le printemps 2006.
Invité au journal télévisé, le leader du Front National a déclaré qu’il souhaitait et ne doutait pas que Jacques Chirac serait candidat à sa propre succession à la tête de l’Etat, à l’élection présidentielle 2007. Qu’il le souhaitait pour avoir l’occasion cette fois-ci d’avoir un vrai débat au second tour de l’élection présidentielle avec Jacques Chirac.
Selon Jean-Marie Le Pen, le président français ne pourrait ainsi fuir ses responsabilités d’avoir dirigé la France depuis 12 ans et de l’avoir conduite à cette "situation". Qu’il n’en doutait pas, suite au revirement récent de Michèle Alliot-Marie à se présenter comme candidate à l’investiture de son parti l’UMP.
Une deuxième finale Chirac - Le Pen serait en effet beaucoup plus digne d’intérêt médiatique. Les électeurs de gauche avaient en effet voté Chirac en 2002, pensant qu’il prendrait en compte leur soutien pour appliquer sa politique ou former son gouvernement. Ce que Chirac n’a évidemment pas fait, à quoi bon s’emmerder ainsi. Mais dans l’éventualité de la réédition d’une telle finale, que feraient ces électeurs ?
Abstention ou voter pour Le Pen ? S’ils s’abstenaient simplement le score du Front National serait plus important qu’en 2002, etc pour les législatives etc pour la Vème République... Loin d’être intéressée vraiment par les divers scénaris successifs, l’opinion se passionnerait surtout pour le dernier coup de boule de Chirac.
(Avec les notes du journal Le Monde )
FIN/IPG/PJG/MPL/2006
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