En attendant, le défilé est incessant devant la dépouille du président, installée dans une chapelle ardente dressée dans le palais présidentiel. Dans le même complexe, à quelques mètres de là, s’est tenu le premier Conseil des ministres depuis la mort d’Omar Bongo Ondimba. Présidée par le chef de l’Etat par intérim, Rose Francine Rogombé, ce Conseil avait un ordre du jour unique : l’organisation des obsèques d’Omar Bongo.
Selon la Constitution, la présidente par intérim, investie mercredi, a 45 jours au plus après sa prise de fonction pour organiser un scrutin des prochaines présidentielles. Le délai peut toutefois être étendu « en cas de force majeure dûment constatée par la Cour constitutionnelle », selon celle-ci.
De l’avis de nombreux observateurs ainsi que certaines sources du gouvernement comme de l’opposition, une révision des listes électorales s’impose avant la tenue de la présidentielle et il serait donc impératif, selon ces sources, de repousser le délai de 45 jours.
« Les dispositions constitutionnelles contiennent tous les éléments pour qu’on puisse organiser des élections conformément à la loi fondamentale », a précisé le ministre de l’Intérieur André Mba Obame.
« On va apprécier. S’il y a vraiment un cas de force majeure, on avise. Je ne peux pas dire déjà : c’est court. Le gouvernement va se pencher sur cette question. Nous sommes déjà à pied d’oeuvre au ministère de l’Intérieur. La commission électorale aussi. Nous soumettrons le résultat des concertations et travaux aux autorités compétentes. La présidente a demandé à ce que cela soit fait dans les plus brefs délai ».
« On enterre dignement le président, après on discute »
En coulisses, selon des sources concordantes proches de la présidence et de l’opposition, des négociations sont en cours pour allonger le délai. « Mais, avant, on enterre dignement le président. Après on discute », a souligné l’une de ces sources.
A sa sortie du conseil, Ali Ben Bongo, ministre de la Défense et fils du président, considéré comme un possible successeur de son père, s’en est tenu au même discours : « Non seulement il est trop tôt (pour parler de succession) mais en plus c’est indécent. Aujourd’hui, je suis comme tous les Gabonais et tous les Gabonaises, (qui) se préoccupent uniquement de rendre un dernier hommage à leur père disparu. Nous voulons lui rendre un hommage et l’enterrer dignement ».
« Nous avons choisi le respect de la légalité parce que le défunt président a toujours insisté là-dessus. Nous suivons cela. Aujourd’hui nous sommes uniquement préoccupés par les cérémonies et l’accueil des délégations étrangères. Le reste, on verra », a-t-il ajouté.
FIN/IPG/PLO/2009
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