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La presse camerounaise et la presse ivoirienne ont révélé ces dernières semaines d’autres affaires de corruption. « Ce tintamarre a-t-il fini par lasser le +petit prince du cash flow + », s’interroge Capital.
Les journaux publiés au Cameroun se sont déchaînés après qu’un ministre eut été convaincu de corruption passive dans ses fonctions précédentes de directeur général du port de Douala, et emprisonné. Un port géré en grande partie ... par le groupe Bolloré.
Dans son article, capital.fr écrivait que le groupe Bolloré serait en discussion avec plusieurs investisseurs intéressés par ses activités africaines de gestion portuaire. Des négociations seraient même engagées avec l’opérateur d’origine britannique Peninsular and Oriental (P & O), récemment racheté par le groupe émirati Dubaï Ports World (DP World).
Les deux parties se seraient rapprochées par l’intermède de Karim Wade, le fils du président sénégalais, qui dispose de précieux contacts dans les Emirats arabes unis. Maître Saint-Hilaire, le notaire parisien de la famille Wade, serait également impliqué dans la négociation. Contacté par capital.fr, le porte-parole de Bolloré réfute la mise en vente des activités africaines du groupe et donc l’existence de négociations.
Au début de l’année, les actifs maritimes de Bolloré, dont une cinquantaine de cargos, ont déjà été cédés, pour 100 millions de dollars, au groupe CMA-CGM de Jacques Saadé. En revanche, le Breton a conservé sa manutention et ses terminaux de conteneurs, deux activités à très forte rentabilité, dans plusieurs ports du continent noir, comme Dakar, Pointe Noire, Douala ou Abidjan.
Ce sont ses récents déboires en Afrique qui auraient décidé Vincent Bolloré à chercher un repreneur pour ses activités portuaires. En février, plusieurs dirigeants de son groupe ont été arrêtés à Lomé et mis en examen pour "corruption active de magistrat". La justice togolaise les soupçonne d’avoir acheté la décision du tribunal, dans un procès les opposant à un concurrent pour le contrôle du port autonome de Lomé.
Quelques jours plus tard, Bolloré a été mis en cause par la presse, pour une affaire similaire au Cameroun. Les journaux se sont déchaînés après qu’un ministre eut été convaincu de corruption passive dans ses fonctions précédentes de directeur général du port de Douala, et emprisonné. Enfin, la presse ivoirienne a profité de ces événements pour rappeler le scandale suscité, il y a plus d’un an, par l’attribution, du port d’Abidjan au même groupe Bolloré.
Ce tintamarre a-t-il fini par lasser le "petit prince du cash flow", comme le surnomment certains ? Toujours est-il que le financier breton a revendu son industrie africaine du tabac après qu’une campagne de presse l’eut accusé, aux Etats-Unis, de favoriser le tabagisme en Afrique, et qu’il a cédé ses exploitations forestières suite à une autre campagne, l’accusant cette fois de provoquer la déforestation du continent.
Quant au groupe émirati Dubaï Ports World, il a renoncé, le 9 mars dernier, à la gestion de six grands ports américains dont il avait hérité avec le rachat de P & O.
L’émir Mohammed Al-Maktoub, principal actionnaire de DP World, a décidé de céder cette activité à un opérateur américain, après que des parlementaires américains se furent inquiétés de voir la sécurité de ports aussi importants que ceux de New York ou de la Nouvelle Orléans passer sous le contrôle d’un pays qui a servi de base arrière à deux des auteurs (de nationalité émiratie) des attentats terroristes du 11 septembre.
(Avec capital.fr et Afrique centrale)
FIN/IPG/JRN/2006
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