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Après l’épopée du Togo avec l’interpellation de quatre dirigeants qui constituent l’Etat-major Afrique du groupe Bolloré à l’aéroport de Lomé, où il est accusé de corruption active de magistrat vint le tour du Cameroun où un ministre est en prison car suspecté d’avoir entretenu des rapports trop étroits avec la société française.
Aujourd’hui, c’est au tour de la Côte d’Ivoire de s’intéresser aux activités de manutention de l’entreprise dirigée par Vincent Bolloré. Le quotidien abidjanais « Le Nouveau Réveil » s’interroge : « Banny va-t-il annuler les contrats de Bolloré ? ».
En effet, Gilles Allix, le directeur général et numéro 2 du groupe Bolloré ; Georges Cognon, le directeur Afrique ; Dany Chuteaux, son adjoint ; Pascal Cotti, le patron du groupe au Togo et M. Roussel, son directeur financier, se trouvaient à bord du Falcon 900 du groupe qui s’apprêtait à décoller de l’Aéroport de Lomé pour Paris le 8 février.
C’est la police locale qui a bloqué l’avion pour mettre les cinq dirigeants en état d’arrestation. Mis au trou pendant plusieurs heures, certainement sur ordre du nouvel homme fort du Togo, Faure Gnassingbe, les 5 hommes furent relâchés non sans l’intervention de l’Elysée et contre paiement de 400 millions de francs CFA.
Les Missi Domici de Vincent Bolloré se heurtent à Dupydauby
S’agissait-il d’un traquenard tendu aux envoyés de Vincent Bolloré ?. Ce dernier accuserait Dupydauby, son ancien agent et associé dans la Société PROGOSA de droit espagnol, d’avoir détourné près de 20 millions d’euros d’actifs dans la succursale togolaise qui gère la manutention au Port autonome de Lomé.
Le quotidien ivoirien « Le Nouveau Réveil » est revenu sur l’obtention de gré à gré en 2004 de la gestion du terminal d’Abidjan sur vingt-cinq ans, à travers sa filiale.
Une affaire qui avait provoqué de vives critiques chez les bailleurs de fonds et entraîné une crise politique majeure dont le ministre Patrick Achi avait été la vedette involontaire dans un bras de fer mémorable avec le président Laurent Gbagbo.
Le groupe français de manutention Bolloré implanté dans les plus grands ports d’Afrique francophone est au centre d’affaires de corruption au Togo et au Cameroun. En Côte d’Ivoire, la renégociation de gré à gré du terminal à conteneurs du port d’Abidjan avait soulevé des vagues il y a quelques mois et posé pas mal de questions.
Au début du mois de février, l’état-major de Bolloré débarque d’un Falcon 900 sur l’aéroport Gnassingbé Eyadema de Lomé au Togo. Les plus proches collaborateurs de Vincent Bolloré sont venus fêter la victoire. Une décision de justice leur donne raison dans un litige les opposant à la société espagnole Progosa qui gère via ses filiales l’activité -fort lucrative- des conteneurs au Port autonome de Lomé (PAL).
Les cadres de Bolloré sont interpellés à Lomé, inculpés et placés sous contrôle judiciaire (avec versement d’une caution de plus d’un million d’euros avant de pouvoir regagner la France). La justice togolaise leur reproche de s’être livrés à une corruption active de magistrat pour remporter la décision du tribunal.
Quelques jours plus tard, à plusieurs milliers de kilomètres de là, une autre affaire va ébranler la réputation du groupe français et mettre à jour des pratiques contestables. Au centre du scandale, l’ex-ministre camerounais de l’Eau et de l’Energie, Alphonse Siyam Siwé, et surtout ancien dirigeant du port autonome de Douala. Vendredi dernier, l’officiel est limogé par le président Paul Biya et écroué à la prison de Yaoundé.
Les autorités camerounaises reprochent à M. Siyam Siwé des faits de corruption liés à la gestion du port. En particulier les conditions, pour le moins opaques, dans lesquelles se sont déroulées les renégociations concernant la gestion de l’activité conteneurs au port de Douala.
Plus corrompu que moi, tu meurs...
Une dizaine de sociétés étrangères avaient répondu à l’appel d’offres proposant des conditions plus intéressantes que celles proposées par le groupe Bolloré et c’est pourtant ce dernier, contre toute attente, qui avait remporté le contrat. Il est aujourd’hui reproché à Siyam Siwé d’avoir donné le coup de pouce déterminant.
Togo, Cameroun, la liste n’est pas close. En Côte d’Ivoire, l’omnipotent Bolloré traîne aussi quelques casseroles. Ce n’est pas son rôle de sponsor à la CAN 2006 qui va faire oublier les pratiques étranges de cette société à Abidjan.
L’obtention de gré à gré de la gestion du terminal d’Abidjan sur vingt-cinq ans, à travers sa filiale SETV (Société d’exploitation du terminal à conteneur de Vridi) avait déclenché l’année dernière une crise politique majeure avec le départ voulu par le Président Gbagbo et refusé par la Communauté Internationale du ministre des Infrastructures économiques, Patrick Achi (membre du PDCI, le parti de l’ancien président Henri Konan-Bédié) qui avait dénoncé publiquement ce contrat de gré à gré.
Même la Banque mondiale avait mis son grain de sel, donnant raison à la Commission d’agrément et au ministre des Transports qui s’opposait à une décision comportant des clauses secrètes.
Baromètre de l’économie ivoirienne, le Port autonome d’Abidjan (PAA) a connu en trois ans une baisse régulière du trafic, aggravée par la concurrence des ports du Togo et du Ghana voisins, mais le groupe Bolloré ne veut pas lâcher cette "cash machine" qui est le point de passage de 90% des échanges de la Côte d’Ivoire. D’autant que la société française se mord les doigts d’avoir négligé le port de Lomé qui est devenu aujourd’hui l’une des plates-formes les plus rentables d’Afrique de l’Ouest.
Selon des experts des activités portuaires, le contrat de Bolloré en Côte d’Ivoire pourrait être revu et corrigé à la faveur de la transition en cours en Côte d’Ivoire. Car les clauses demeurées secrètes sont certainement favorables à quelques responsables politiques ; elles le sont beaucoup moins pour l’économie ivoirienne.
Et la Banque mondiale, qui attend un retour au calme pour reprendre son aide, est décidée à faire le ménage dans ces conventions suspectes signées en temps de guerre. C’est aussi le prix à payer pour un retour à la paix.
La situation du groupe Bolloré au Gabon et notamment le dossier de l’Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG) serait aussi catastrophique. Les conditions, pour le moins opaques, dans lesquelles s’est déroulée l’attribution du marché via une agence de communication locale qui aurait servi d’intermédiaire, a dérapé au point que l’agence a été écartée lors de l’aboutissement des transactions.
L’indifférence de certains décideurs qui s’enrichissent de manière illicite... et l’implication prochaine des institutions internationales permettront de mettre l’affaire au grand jour. Et de suivre les détournements de fonds à destination de l’étranger... par certains acteurs de l’OPRAG.
Des tractations financières éparses et douteuses qui s’apparentent à une caution solidaire à un groupe (Bolloré PROGOSA and Co) incarné par des voyous. Nous reviendrons longuement dans le mode d’attribution du marché de certaines activités au Port de Libreville...et du rôle de l’OPRAG.
(Avec le notes de Antoine Sberré du quotidien Le Nouveau Réveil)
FIN/IPG/PBN/2006
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