« Je ne suis pas chargé de l’évaluation des ministres, c’est une idée à laquelle il faut tordre le cou. » D’emblée, Éric Besson, secrétaire d’État chargé de la Prospective, de l’Évaluation des politiques publiques et du développement de l’Économie numérique, définit son périmètre ministériel et évacue la question qui fait débat.
« La réalité est que François Fillon veut disposer d’un tableau de bord de la réforme pour mesurer l’écart entre les engagements du gouvernement et la réalité », décrit-il. Ainsi, son rôle n’est pas de noter les ministres mais de juger de l’action des ministères, et de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), dispositif très largement inspiré de la réforme de programme canadienne, rappelle le secrétaire d’État.
Dans un tel contexte, sa mission consiste à « se poser des questions de base », sur l’utilisation de l’argent public, la satisfaction des usagers, .... « On n’est qu’au début de l’exploitation faite à ce jour du processus de la RGPP », prévient Éric Besson. Et la tâche n’est pas simple. En France, une cinquantaine d’organismes sont chargés de l’évaluation, dont les grands corps d’inspection et la Cour des comptes. « Nous avons des progrès à faire en la matière, même si on ne part pas de rien », avoue-t-il.
D’autant que la demande d’évaluation s’effectue à plusieurs niveaux : il y a une part d’autosaisine du secrétariat d’État - ce qui a été le cas pour un rapport sur le lancement de l’Union pour la Méditerranée -, des demandes viennent aussi des ministres - par exemple, sur la question du lundi de Pentecôte chômé -, le reste des demandes proviennent du président et de son Premier ministre - comme la commande récente d’un rapport sur la valorisation des acquis de l’expérience. « Le spectre est assez large », confirme Éric Besson.
Au quotidien, la quinzaine de personne qui constituent le cabinet du secrétaire d’État à l’Évaluation est aidée de hauts fonctionnaires détachés des grands corps et de conseillers, internes ou externes.
Chaque mission ne dépasse pas les six mois et est « très connectée aux besoins ». Mais Éric Besson a également d’autres attributions, dont la Prospective et le développement de l’Économie numérique. « Il serait surprenant que l’État ne travaille pas sur la prospective à long terme alors que les grandes entreprises et les autres pays le font, justifie-t-il.
Le groupe de travail à l’œuvre est en train de réaliser un matériau très riche sur la France de 2025 », se réjouit-il. Et de conclure sur sa dernière prérogative, l’économie numérique, dont l’urgence est de réduire la fracture numérique, afin que d’ici 2012, l’ensemble du territoire métropolitain et des DOM-TOM soit couvert à 100 % en téléphonie mobile et en ADSL. (http://www.acteurspublics.com)
FIN/IPG/PJG/2008
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