"Le Gabon essaye de mettre en place une politique appropriée de lutte contre le paludisme par l’accès gratuit aux moustiquaires imprégnées et par l’assainissement des quartiers et villages où sévit la terrible pandémie", a déclaré Mme Blandine Mouguengui, directrice du Centre de protection maternelle et infantile (PMI) de la Peyrie, un quartier situé en périphérie de la capitale gabonaise, Libreville.
« Pour éradiquer le paludisme ou du moins mettre à l’abri les mères et les enfants de 0 à 5 ans dont une bonne tranche meure chaque année au Gabon victime des piqûres des moustiques, un travail soutenu de sensibilisation et d’éducation est plus que nécessaire », considère Mme Avome Clydia, une sage femme.
Mardi, à Port-Gentil, la capitale économique du Gabon, une équipe de journalistes conduite par Brigitte Thinus Helali, consultant en communication au Bureau régional de l’UNICEF de Dakar, au Sénégal, a visité plusieurs structures sanitaires publiques pour se rendre compte de l’avancement des programmes de lutte contre le paludisme dans cette ville.
Avant de se rendre à Port-Gentil, le principal enseignement retenu par la délégation à Libreville, fut que les programmes de l’UNICEF sont en général partiellement relayés et donc peu suivis sur le terrain par les équipes sanitaires locales.
C’est ce qu’a confirmé Micheline Nang, infirmière au Centre hospitalier de Libreville (CHL), le plus grand hopital du pays. Pour cette dernière, « le suivi méthodique fait défaut quand on réalise les fonds importants alloués par l’UNICEF pour soutenir ces programmes".
Elle a ajouté que "les programmes ne devront leur salut que par une prise de conscience collective et surtout par une distribution gratuite et massive de moustiquaires imprégnées. Mais aussi par l’assainissement des villages et quartiers où vivent les populations".
Le paludisme est endémique dans toutes les provinces du Gabon. Il est la première cause de morbidité et de mortalité. La prévalence moyenne est de 47% chez les enfants de moins de 5 ans et 40% des fièvres diagnostiquées au CHL sont d’origine palustre.
Dans un communiqué de presse publié ce mercredi, l’UNICEF rappelle que « le paludisme est responsable de plus d’un million de décès par an et sur ce total, plus de 80 pour cent surviennent en Afrique subsaharienne. La maladie est à l’origine de 18 pour cent des décès d’enfants de moins de cinq ans sur le continent africain ».
La directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman, a rappelé qu’« un enfant africain meurt du paludisme toutes les 30 secondes, alors que l’on peut prévenir et soigner cette maladie (...). L’utilisation correcte d’une moustiquaire à 10 dollars permet de diminuer de 25 pour cent ou presque le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans ».
Mais la réalité est tout autre au Gabon où la moustiquaire coûte entre 25 et 30 dollars US. C’est le cas à Port-Gentil où certaines jeunes mamans n’ont pas les moyens financiers de s’en procurer.
Selon l’UNICEF, le nombre de moustiquaires imprégnées d’insecticide distribuées en Afrique subsaharienne entre 1999 et 2003 a été multiplié par 10. Les enquêtes menées en 2005 et 2006 devraient indiquer d’autres progrès importants de la distribution dans la région.
L’UNICEF, qui a acheté en 2006 plus de 24 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide, est le premier acheteur et distributeur du monde. Plus de 90 pour cent de ces moustiquaires n’exigent pas d’être retraitées. Elles sont distribuées aux femmes enceintes et aux jeunes enfants, dans le cadre de programmes intégrés de santé des mères et des enfants, comme les soins de santé prénatals et les vaccinations.
FIN/IPG/JRG/2007
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